• La vérité sur les cols marins

      Aujourd'hui, je vous propose de plonger avec moi dans le processus créatif de la première guenille de 2018. 

    La vérité sur l'inspiration

    La vérité sur les cols marins

      J'avais dans les cartons cette photo de Camille Bidault Waddington issue d'un portrait pour Vogue, je suis retombée dessus, me suis redit, ahlala, vachement bien cette cette marinière Véronique Leroy. L'image est petite mais le vêtement graphique. Nous avons donc un haut large, pas très long, souligné au bas du buste et des manches par un galon bleu marine; le col qui semble être marin est bordé du même galon. Fait notable, l'encolure (zone d'insertion du col) est également galonnée.

    La vérité sur les cols marins

      Pas moyen de mettre la main sur d'autre visuels de ce modèle sur le net, il a donc fallu lui inventer un dos. J'avais une autre photo dans les cartons : une robe d'Anna Allen dont je trouve le dos du col très bien foutu, celui-ci permettant de surcroît de masquer la couture d'un empiècement au dos froncé.

    La vérité sur les cols marins

      Pour couronner le tout, comme j'avais le désir d'habiller un peu plus l'encolure devant, je me suis inspirée de cette tunique de la collection Tory Burch de ce printemps 2018 portée par la top Sora Choi :

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur le tissu

      Ensuite je me suis intéressée au premier de ces tissus dont j'ai trouvé plusieurs variantes chez Bennytex. J'avais le projet de renouveler mon stock de chemises et cherchais un tissu souple, doux et pas trop fin, d'une couleur qui me plaise, autant dire que quand je suis tombée sur quatre rouleaux d'une étoffe adéquate dans mes coloris préférés qui arboraient en bonus un délicat aspect chiné je ne me suis pas fait prier pour en exporter un échantillon intramuros. Le tissu me semblait être un mélange coton/soie, et lorsque je me suis enquis de sa composition auprès de ma coupeuse, renseignement pris auprès de son supérieur : c'était de la laine. Bon pourquoi pas, le tissu ne piquait pas alors ok. J'en ai tout de même fait brûler un morceau avant de choisir à quelle sauce le décatir et absolument aucune odeur de cochon brûlé (ni de plastique, heureusement) ne s'en dégageait... De près, le tissu a un aspect légèrement poilu et brillant qui m'évoque fortement de la viscose, et comme il ne devient pas complètement cartonneux au lavage il est vraisemblable qu'il s'agisse d'un mélange coton/viscose. Quant au galon marine, il a été découpé dans les dernières chutes de viscose velours de cette robe.

    La vérité sur le patron

      Comme mon coupon était une fin de rouleau il a fallu s'adapter à sa petite taille (1mètre) : j'ai choisi une ligne plus près du corps, en gardant des épaules légèrement déportées sur le côté, et les manches sont 5/6. Puis, passage en revue du stock de dessins techniques Burda pour trouver une tunique à pinces poitrine adéquate, et choix du modèle 112 de novembre 2012.

    La vérité sur les cols marins

      Comme une authentique kréatriss, je n'en ai gardé que les emmanchures et les épaules. J'ai légèrement approfondi les pinces, franchement cintré les côtés, raccourci la longueur, et dessiné un empiècement épaules en rétrécissant la largeur du haut. J'ai bien sûr redessiné le col, celui-ci se séparant en deux  phases : le col marin, et l'encolure approfondie en fente poitrine boutonnée (arrivant à peu près au même niveau que sur le patron).

      Le col marin a été construit en faisant se chevaucher d'1,5cm les côtés des épaules, le bord du col devant étant légèrement convexe (je trouve aux cols dont le bord file tout droit une tête mesquine).

    La vérité sur les cols marins

    Hî-haaaan !

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur la confection

      J'ai commencé par monter les épaules, puis touche par touche, le col a été monté, et ça n'a pas été une mince affaire que de s'assurer que les deux pans arrivaient bien au même niveau.

    La vérité sur les cols marins

      Dans ce sandwich, j'ai fixé à l'aveuglette les deux boucles de boutonnière faites en tressant le fil, et celles-ci se retrouvent un peu trop longues d'où les 2 petits boutons légèrement déportés sur le côté.

    La vérité sur les cols marins 

      J'ai hésité à thermocoller une face du col, ne l'ai pas fait et ne regrette pas spécialement, le galon apportant suffisamment de maintien. Je n'ai pas cherché à différencier dessus et dessous de col pour optimiser le roulé de ce dernier.

    La vérité sur les cols marins

      Préférant éviter les surpiqures moches sur le galon, j'ai fixé tous les ourlets à la main en écoutant quelques heures de podcast, avec du fil de coton vintage s'il vous plaît.

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur le seyant

      Le rendu du col est satisfaisant mais j'ai eu chaud : son roulé autour du cou fait qu'il n'arrive plus qu'à 0,5cm de la couture de l'empiècement, contre 2cm sur le patron. Je ne regrette pas non plus le défi technique de l'ajout d'un parement de fente, c'est un apport positif au modèle.

    La vérité sur les cols marins

    Désolée pour la luminosité mais le photographe de Vogue n'a pas honoré son RDV.

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

      Le vrai problème du col marin, c'est son poids. J'ai déjà tendance, question de morphologie j'imagine, à avoir les hauts qui partent légèrement vers l'arrière quand je les porte, mais alors si on ajoute un poids au dos le phénomène est carrément accentué : à moi les plis en diagonale qui partent de la poitrine et le dos qui poche, et le col qui se riquiquise devant, snif, quoique cette bascule donne un petit côté sexy aux épaules.

    La vérité sur les cols marins

                                           Placement gravitationnel / L'avant retiré vers le bas (comme sur le patron quoi !)

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    La vérité sur les cols marins

    Belle rencontre avec la pupullerie

      Malgré cette bascule, il demeure très agréable à porter, et m'a mis en appétit de cuisiner les trois coupons suivants !


  • Commentaires

    1
    Mardi 9 Janvier 2018 à 15:11

    Ah oui quand même ! Tu es une sacrée aventurière ! Bravo à la kréatriss ;-)

    2
    Marie Poisson
    Mardi 9 Janvier 2018 à 16:56

    Bravo!!! Je te reconnais bien là, très joli mix de trois belles inspirations!

    3
    cyqlaf
    Mardi 9 Janvier 2018 à 17:21

    La couleur est splendide, les inspirations sont très classes (pourquoi y a pas Sailor Moon déjà ?) et le résultat est carrément à la hauteur !

      • Mardi 9 Janvier 2018 à 18:52

        Je n'ai tout simplement pas pensé à Sailor Moon, que j'ai peu regardée pendant mon enfance. Pis d'abord ses jambes sont même pas vraies.

    4
    Mardi 9 Janvier 2018 à 17:41

    J'adore le résultat!!!Tu es trop forte!!!Bravo:)

    5
    Zélie Décousue
    Mercredi 10 Janvier 2018 à 09:52

    Vraiment sympa ce col marin !!! J'adore, beaucoup beaucoup. Transformerais-tu ce formidable essai par un de tes patrons généreux dont tu as le secret ? Je me propose comme cobaye, bien évidemment ;-)

      • Mercredi 10 Janvier 2018 à 10:08

        Merci ! Sous forme basique (càd sans galon décoratif) et en repartant d'une base personnelle pour les emmanchures, ce serait envisageable, mais pas prévu pour le moment.

    6
    Mercredi 10 Janvier 2018 à 21:19

    Très chouette ta marinère de kréatriss!!!

    7
    corinne
    Samedi 13 Janvier 2018 à 19:12

    ah bin, j'aime beaucoup ce petit haut, le col marin lui apporte tout son charme. Bravo pour toutes ces explications, qui me laissent comme toujours "baba". J'ai, comme d'habitude, passé un bon moment à te lire yes

    8
    Lundi 15 Janvier 2018 à 10:45

    alors là bravo. Belle réflexion avec un résultat vraiment sympa et de jolies couleurs.

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